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Année 2022 difficile pour le marché automobile marocain du neuf !

10 janvier 2023 1.266 1 0 1 | By Karim Handaoui

Moins timoré, un brin optimiste, Adil Bennani était de bonne humeur vendredi 6 janvier lorsqu’il a fait face à la presse et à ses consœurs et confrères lors de la conférence relative au bilan 2022 du marché automobile marocain.

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Lors de sa « Last dance », le président sortant de l’Association des Importateurs de Véhicules au Maroc (AIVAM) s’est montré plus souriant qu’il y a un an jour pour jour, lorsqu’il avait alors présenté le bilan de l’année 2021 lors d’une conférence digitale.

D’ailleurs, lors de ce rendez-vous tenu l’année dernière, Adil Bennani n’avait de cesse de répéter que le secteur allait « souffrir » en 2022. Et ce fut le cas ! Après la performance exceptionnelle enregistrée en 2021 avec 175.360 véhicules écoulés, le marché automobile marocain du neuf a accusé une baisse de -8% pour s’établir à 161.410 unités vendues en 2021.  

Le marché a été impacté par de nombreux évènements en 2022

Les raisons sont à aller chercher du côté de la sempiternelle pénurie des semi-conducteurs qui continue de plomber les stocks, mais également du côté des conflits géopolitiques, notamment l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui ont contribué à générer un contexte inflationniste (carburant, matière premières…). A cela s’ajoute le prix des véhicules particuliers (VP) qui n’a cessé d’augmenter (le prix moyen du véhicule au Maroc est passé de 235.000 DH en 2019 à 295.000 DH en 2022) et la demande locale en berne sur la deuxième partie de l’année.

DACIA/RENAULT toujours leaders

Du côté des acteurs du marché du VP, le tandem DACIA/RENAULT finit, une nouvelle fois, l’année en fauteuil de leader pour le premier et dauphin pour le second, avec 42,4% de parts de marché. HYUNDAI gagne une place et se retrouve troisième (9,2% de parts de marché) aux dépens de PEUGEOT (8%) quatrième. Dans le reste du classement, OPEL (4,7%), TOYOTA (4,2%) et KIA (3,4%) gagnent chacune une place et se retrouvent respectivement à la 5ème, 7ème et 9ème place.

Les marques asiatiques ont moins souffert de la pénurie des semi-conducteurs

Deux tendances se sont dégagées cette année :

  • La part des VP s'élève à 143.186 unités, contre 154.123 en 2021, soit une croissance négative (-7% par rapport à 2021) impactée par les disponibilités des stocks ;
  • La croissance remarquée chez les marques asiatiques qui ont moins souffert des problématiques supply de semi-conducteurs.

Du côté du marché des véhicules utilitaires légers (VUL), RENAULT (26,6%) devient le nouveau leader au détriment de DFSK (15%) grâce à son best-seller Express. TOYOTA (8,5%) gagne trois places pour se retrouver au 5ème rang, alors que CITROËN (2,7%) fait irruption dans le Top 10.

RENAULT devient le nouveau leader du VUL

La tendance remarquée est que, avec une part de 18.224 véhicules écoulés contre 21.237 une année auparavant, le marché VUL connaît une baisse générale plus prononcée de -14% comparé à 2021, à cause du manque de visibilité et l'incertitude sur le contexte économique chez les professionnels causés notamment par la sécheresse. Aussi, la quasi-totalité des marques a régressé, hormis RENAULT et CITROËN.

AUDI domine le Premium

Concernant le marché Premium, ses ventes représentent 9,4% des ventes totales VP. Soulignons ici qu’il suit naturellement la tendance baissière du marché et enregistre une baisse de -9% par rapport à 2021. Les performances sont là aussi impactées par la disponibilité des stocks et la pénurie des semi-conducteurs. Enfin, avec 3.897 unités, AUDI est toujours leader, avec à la clé une progression de +11% comparé à 2021.

Le Premium a été lui aussi impacté par la disponibilité du stock

Recul confirmé du Diesel

Pour ce qui est des motorisations, le marché marocain reste fortement « diesélisé », avec toutefois un nouveau recul de ce type d'énergie, passant de 89,2% du total des ventes des véhicules neufs en 2021 à 85,7% en 2022. Cela profite tout naturellement à l’essence qui connaît un boost (14,3% des ventes en 2022 contre 10,8% en 2021) sous l’effet de la croissance de l’hybride.

Les ventes des motorisations essence connaissent un boost sous l’effet de la croissance de l’hybride

On note également que la dynamique des ventes de véhicules à motorisations alternatives (électrifiées) se confirme avec une progression de +17%. Cela s’explique par le fait que plus d’opérateurs agissent dans ce marché sous l’effet d’une offre de plus en plus fournie et compétitive : 18 marques et 71 modèles en 2022 contre 16 marques et 57 modèles en 2021. Néanmoins, elles représentent un poids timide de 3,5% du marché (contre 45% en Europe).

Quant à l’électrique, il a enregistré 171 ventes en 2022 contre 267 en 2021. Notons ici que la totalité des unités écoulées l’année dernière l’a été au profit de particuliers, alors qu’en 2021, l’ensemble des ventes était constitué du lot de CITROËN Ami acquis par Barid Al-Maghrib.

Le SUV et Casablanca continuent de faire la loi !

Par segment, avec 34,1% de part de marché, le SUV gagne 2,7 points comparé à 2021 et domine les ventes VP. Juste derrière, bien qu’en retrait de -17,6% par rapport à 2021, le segment Citadine demeure le deuxième principal volume de ventes. A noter également que le segment Citadine Sedan connaît la plus importante croissance (+23,4% par rapport à 2021) grâce à l’ « Effet loueurs ».

Le segment de la Citadine Sedan enregistre la meilleure croissance

Et concernant les villes, le plus grand marché national, à savoir Casablanca, recule de -1,6% par rapport à 2021 mais demeure leader. C’est le cas d’ailleurs de la majorité des villes qui ont vu leurs ventes reculer, notamment Rabat qui chute lourdement de -15%. Seules Settat (+19,3%) et Errachidia (+7,5%) ont enregistré des progressions positives.

Les ventes de Rabat ont fortement reculé

« 2023, encore une année difficile »

Pour ce qui est des perspectives, Adil Bennani s’est une nouvelle fois montré réservé. Alors qu’il avait prédit l’année dernière que le marché allait réaliser une croissance de 5% en 2022, il a cette fois argué, un tantinet taquin, que « cette fois, je n’ai pas ramené ma boule de cristal avec moi » !

Le président a toutefois rassuré quant aux perspectives de l’année 2023 qui devraient être relativement stables à travers les efforts de dynamisation du secteur qui sera marqué par un effet de rattrapage des véhicules utilitaires en cas d'embellie du contexte macroéconomique. Il a également souligné que le dessein de l'électrification dépendra des mesures politiques destinées à stimuler la demande pour ce type de véhicules et du développement du réseau de bornes publiques.

Le prix moyen du véhicule particulier neuf a augmenté en 2022

Enfin, à la question de savoir si le Salon Auto Expo sera organisé cette année, Adil Bennani a répondu par la négative, expliquant que le marché étant toujours perturbé, l'événement n’aura pas lieu en 2023 mais certainement l’année suivante sous une autre forme plus adéquate par rapport aux mutations observées dans le monde aujourd’hui, à savoir la disparition de plusieurs salons internationaux. Il a toutefois laissé échapper que le format (présentiel, digital, phygital…) est toujours en discussion au sein de l’Association. L’objectif étant de faire sortir l'Auto Expo de la dimension « Foire » qui ne profite pas tant que ça aux importateurs/distributeurs locaux.

 

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